Floribert CHEBEYA

Floribert Chebeya -37

Floribert Chebeya était internationalement reconnu pour son intégrité et pour son obstination dans la défense de certains dossiers très sensibles d’assassinats, de meurtres, de répressions et de corruption. Floribert Chebeya était une figure de la société civile, souvent consulté par les Nations unies pour les questions des droits de l’Homme en Afrique centrale, il luttait sur les terrains les plus sensibles depuis la fin des années 1980. Activiste des droits de l’homme, habile analyste, Floribert savait se battre jusqu’au bout. Ce fut une cheville ouvrière, une main puissante pour écorner la volonté de l’autorité publique, dans son éventuelle obstination à mâter ou étouffer les revendications du plus grand nombre. Floribert n’hésitait par lorsqu’il s’agissait de défendre une cause juste, qu’elle soit contre le régime passé ou présent. C’était un fidèle défenseur des opprimés. En mai 2010, deux semaines avant son assassinat, Floribert Chebeya faisait une conférence de presse demandant que l’argent destiné aux célébrations du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Congo soit consacré à améliorer le sort de la population congolaise. Il annonçait le dépôt dd’une plainte devant la Cour pénale internationale contre John Numbi, pour le massacre d’une tribu du Bas Cela faisait des années que Chebeya faisait l'objet de menaces et de mesures d'intimidation de la part des autorités congolaises, du fait de son travail. Quelques semaines avant son assassinat, il avait signalé qu'il pensait être à nouveau placé sous la surveillance des services de sécurité.

 

Le général John NUMBI

 IMG_0162

Le chef de la police congolaise, le général John Numbi Banza Tambo, officiellement suspendu après la mort de Floribert Chebeya, est un proche collaborateur du président Joseph Kabila. Le général John Numbi Banza Tambo, 48 ans, a été suspendu de ses fonctions pour les besoins de l’enquête. Numbi est l’homme des missions délicates. C’est lui qui, avec son célèbre bataillon Simba, a volé au secours de Kabila lors de son affrontement avec les milices de Jean-Pierre Bemba, à Kinshasa, en mars 2007, suite à la défaite de celui-ci lors des élections présidentielles. C’est lui aussi qui a été chargé de négocier avec Laurent Nkunda, l’ex chef rebelle aujourd’hui officiellement en résidence surveillée au Rwanda, et de coordonner l’opération Umoja wetu, menée conjointement dans le Nord-Kivu par les armées congolaise et rwandaise, en 2009 contre les forces rebelles. Lui, enfin, qui a réprimé les manifestations du mouvement dissident Bundu dia Kongo, dans le Bas-Congo, répression qui a fait plusieurs dizaines de morts.Mais Numbi ne fait pas pour autant l’unanimité dans l’entourage de Kabila, où certains l’accusent d’avoir préparé l’assassinat de Chebeya dans le cadre d’une « stratégie visant à déstabiliser le chef de l’État ». « Si nous n’avions pas découvert les commanditaires du meurtre, affirme un proche du pouvoir, Numbi aurait entraîné le président dans une logique de répression contre d’éventuelles manifestations, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer, à la veille des célébrations de l’indépendance, le 30 juin. »

 

Annie CHEBEYA

IMG_0553

Annie Chebeya, épouse de Floribert Compagne des bons et des mauvais jours, Annie Chebeya a partagé la vie de militant des droits de l’Homme de son mari Floribert. Elle est aujourd’hui réfugiée à Montréal au Canada avec ses cinq enfants. Mais Annie n’abandonne pas pour autant le cause de son compagnon et suit de près, depuis Montréal, le procès qui a débuté, intervenant régulièrement sur internet pour dénoncer les dérives de la procédure et surtout pour dénoncer l’absence au banc des accusés de celui qui est pour elle le principal suspect et présumé coupable, le général Numbi, inspecteur principal de la police congolaise. « Je crois qu’avec le combat de mon mari je m’engage aussi. Je m’engage vraiment à poursuivre la voie de mon mari pour défendre les sans voix. Parce que dans des prisons et des cachots il y a des sans voix qui pleurent là-bas. Leur espoir était basé sur la voix de mon mari. Pour défendre les sans voix que mon mari avait défendu.»

 

Le colonel Daniel MUKALAY

IMG_0091

Le colonel Daniel Mukalay wa Mateso Chef des services spéciaux et bras droit de John Numbi, c'est lui qui avait confirmé à F. Chebeya l'heure de son rendez vous avec le Général J. Numbi. Il est accusé d'association de malfaiteurs, d’enlèvement, d’assassinat et de terrorisme.

 

Le Major Christian NGOY

Commandant du fameux "bataillon d'élite Simba", il est également accusé d'association de malfaiteurs, d’enlèvement, d’assassinat et de terrorisme. Il est en fuite depuis le 2 juin 2010.

 

Le témoin

Le témoin Véritable clé de voûte du procès, le Camerounais Gomer Martel se trouvait dans les bureaux de la police le jour de l’assassinat de F. Chebeya. Il y aurait vu le défenseur des droits de l’homme vivant, alors qu’il était lui-même placé en détention. Il n’apprendra le décès qu’à sa sortie de prison. Depuis son témoignage, victime de pressions et de menaces, il se cache.